Possession

the open door - Léon Spilliaert

 

Il vagabonde dans les ruelles aux alentours de la cathédrale et repense à elle. Il lui invente des aventures. Par exemple, ce serait le premier jour, celui qui lui enseignerait que ça n’arrive pas qu’aux autres.

Elle rentrerait à pied chez elle. En approchant du centre ville, elle aurait la désagréable impression que quelqu’un la suit. Elle presserait le pas pour semer cette présence tenace. Elle se retournerait vivement. L’éclat du soleil l’aveuglerait. La rue serait déserte.

Un point incandescent entre les épaules, elle se mettrait à courir, grimperait les marches de la cathédrale et s’y réfugierait. Arrivée derrière le transept, elle se trouverait projetée au sol sur les dalles colorées par la lumière des vitraux. Des mains puissantes la parcourraient, la fouailleraient, l’empêcheraient de crier. Elle n’aurait pas vu venir son agresseur qui prendrait possession d’elle toute entière. Une insupportable jouissance l’entraînerait dans sa spirale.

Rentrée chez elle, défaite et pourtant habitée d’une force mystérieuse, elle s’isolerait et se détacherait de son quotidien trivial, se punissant par un jeûne abusif. Au deuxième mois de mortification, elle ferait retraite au couvent. La porte de sa cellule se refermerait sur elle et un éclair aveuglant lui grillerait la rétine.

Il  serait là, devant elle.

Elle se sentirait violemment happée comme ce fameux soir dans la cathédrale où Il avait pris possession d’elle.

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